Le grand Sel de l’Alchimie
Qui veut s’imprégner de l’ésotérisme de l’Alchimie se passionnera pour l’ouvrage "Crazannes, logis alchimiste" de Antoine Pellerin et Nicolas Fauchère aux Editions Le Croît vif. Un château coum thieu en pyiène campagne (à Crazannes, dans le 17 !), qui porte sur sa façade (autrefois, invisible de l’extérieur), tout le grand Secret. Son propriétaire était assurément alchimiste, sans doute avait-il trouvé et, dans la pure ligne de ce qui ne se dit pas, avait-il fait sculpter sa réussite pour l’afficher à ses visiteurs qui ne pouvaient comprendre que s’ils étaient initiés. Alors, qu’étout qu’o l’é ce que l’on appelle "alchimie" aujourd’hui ?
Eh bien c’est une expérience, une seule expérience, celle qui fait s’affronter un minéral et un métal qui vont donner in thieuquechose que, mystérieusement, on appelle Mercure (rin à voir avec le mercure !), et un autre thieuquechose que l’on appelle Soufre (rin à voir avec le soufre !) qui, mariés ensemble, vont produire un quelque chose que l’on appelle Sel et qui n’est autre qu’un sel, au sens où l’entendait Bernard Palissy, un dépôt cristallin. Hermétiquement, on appelle cette première étape le "Premier Œuvre". De ce sel qu’on va retravailler, disons calciner, dissoudre, coaguler, distiller, on va tirer encore un élément Soufre (entendez ce qui est actif, chaud, dur : le masculin) et un autre élément Mercure (ce qui est passif, froid, malléable, volatile : le féminin) qui, à nouveau, sont accouplés pour reproduire un autre sel châfré Rébis (in élément dit-on hermaphrodite, au potentiel extraordinaire qui n’existe pas dans la nature !). Cette deuxième étape s’appelle le "Deuxième Œuvre". Là, l’alchimiste a trouvé l’or philosophal. Il sait comment la matière s’est formée, il en a extrait les principes, il peut le reproduire, il peut recréer la nature. Quelque part, il est Dieu (démiurge si vous peurferez, à la manière de Platon!). Il a aussi produit un liquide, l’élixir philosophal, celui qui guérit et prolonge la vie. Mais rien n’est encore terminé. Il s’agit asteur d’extirper de ce sel châfré Rébis, la fine fleur (fine sau pour le saunier !). On raconte qu’il faut chauffer encore pendant 6 mois (ni trop, sinon on pard tout, ni pas assez, sinon, on n’at reun !) pour trouver l’ultime sel de l’Alchimie, la Pierre philosophale (le Grand Œuvre !). O l’é une poudre, que si vous en saupoudrez un morceau de plomb, o vous le transforme en or, le plus pur que la planète puisse produire.
Au pays des alchimistes, on dit que cette expérience peut se réaliser en 4 jhors mais qu’il faut 20 ans pour comprendre la modification de la matière (transmutation qu’i disant) tant les expériences sont longues. Nombreux sont ceux qui ne trouvent jhamais (quasi dau 100% !), mais il en est qui ont réussi puisque l’on a détecté de l’or philisophal dans des médailles. On cite souvent un certain Fucanelli au début du XXe siècle, mais o l’é un pseudo. O faut dire que les alchimistes avançant teurjhou masqués et ne disent jhamais qu’ils sont à la recherche du Graal. Qui sait par exemple que le grand Isaac Newton (1642-1727) était alchimiste et jouait dans son laboratoire "à remettre des minéraux dans leur état d’origine" (on dit réincruder), "à leur faire reprendre leur évolution en recréant une mine artificielle", et en les "nourrissant" pour les conduire à la perfection ! A la question, pourquoi un tel secret, on vous explique qu’il n’y a aucun intérêt à dévoiler la fabrication de l’or, rin qu’un truc à en effondrer le marché ! Et surtout, ce que craignent les alchimistes, o l’é intimidations voire tortures pour leur faire dire où ils en sont de leurs recherches. Car si depuis le XIe siècle, on cherche le pouvoir du dieu du minéral (à l’or au bout des dets), si des textes existent (compyétement abscons à lire !), si le fameux Fucanelli (maître d’in certain Eugène Canseliet) a décrit très précisément la dernière phase, nul n’a jamais révélé avec quoi o faut coumincer !
Au Moyen-Age, on connaissait 7 métaux que l’on associait à 7 planètes (réminiscence des vieux dieux) : le plomb (lié à Saturne, o l’é peur thieu qu’on dit que le saturnisme est la maladie dau plomb), l’étain (Jupiter), le cuivre (Vénus), le fer (Mars), le mercure (Mercure), l’argent (Lune) et l’or (Soleil). Seuls les cinq premiers seraient susceptibles d’avoir une métallogénèse (peur l’alchimiste, le minéral naît et pousse coum les plantes !) qui conduit à l’argent et l’or (les deux métaux jugés parfaits, o l’é t’à dire qu’ils ont achevé leur évolution !). De plus, on assure qu’ils ne doivent pas avoir été touchés par l’Homme, o faut les chercher là où ils "poussent", à la mine (qu’o y’en a pu, asteur !). Internet (on n’imagine pas tôts les sites qu’o yat su’ le sujet !) parle souvent du fer, davantage de la stibine (sulfure d’antinoine !). Mais peursoune ne dit comment o faut les travailler ni à quelle mixture o faut les passer. La seule chose que l’on sait, o l’é qu’à la base, pour extraire le Mercure (principe qui confère aux métaux un caractère fluide, l’Esprit), o l’é très dangereux peur foie et poumons et que la manipulation peut faire des dégâts irréversibles ! L’apprenti alchimiste ne peut avancer qu’avec l’aide d’un maître qui le guide. Il doit faire gaffe, c’est pourquoi il est symbolisé à Crazannes avec une solide cotte de mailles ! Et ce que l’on sait, c’est qu’après, o faut purifier Mercure par le feu et le fer et trois fois (qu’o l’é long) avant de trouver un résidu d’apparence ingrate : le Soufre alchimique (qui rend les substances combustibles et les métaux corrodables). Ensuite, on peut les marier sans se gourer et deux fois !
Au pays des Alchimistes, où le langage est volontairement particulièrement hermétique, on raconte qu’o yat pas mal de souffleurs (qui font feu de tout bois ou bois de tout feu, selon). La recherche de la poudre de Perlinpinpin est peut-être de la poudre aux yeux, mais l’alchimie, c’est un beau plongeon intellectuel au pays de l’allégoriquement vôtre pour en extraire le vrai sel. Et le château de Crazannes est impressionnant pour le message codé qu’il délivre. Qui a fait bâtir cette façade pyiène de symboles et de métaphores pour comprendre l’Expérience ? On n’en sait reun, à part que dans l’histoire des propriétaires du château, il est un Aimery Acarie du Bourdet qui, au XVIe siècle, connut une progression sociale fulgurante, coum un gagnant dau loto !
Deux cavaliers annoncent que le combat de deux matières en lice sera rude. Ils sont surplombés de deux hommes sauvages, l’un minéral, l’autre métallique, qui vont s’affronter et se détruire. De leur combat, naîtra le premier Mercure, récupéré dans le heaume. Il est couronné d’une tête de cerf pour indiquer que le produit obtenu est très volatil (fugitif comme un cerf), on l’appelle : dissolvant universel.
Le Premier Œuvre de l’Alchimie. Château de Crazannes.

Clichés Xaintonge
L'ouvrage "Crazannes, logis alchimique" est disponible auprès de Xaintonge contre 20 euros, frais de port gratuit