Longtemps, les spécialistes ont pensé que l'on avait construit, sur la
route de Compostelle, des églises quasiment semblables, que les pèlerins découvraient
avec l'émerveillement de la nouveauté, tout en gardant la confiance qu'inspire le déjà
vu. C 'est dans la répétition que se gagne l'assimilations expliquent toujours les
publicitaires ! Aulnay-de-Saintonge, qui a peu souffert des traumatismes qui ont secoué
la région, serait l'illustration de cette pratique qui a attisé la ferveur des
pèlerins, tout en leur donnant du courage. ouvenir, dans la région, que des soient
allés prier à Compostelle, du moins est-on sûr qu'ils ont été en viage
jusqu'à Aulnay-de-Saintonge, tout comme on s'y rend toujours aujourd'hui, tant l'église,
pourtant connue, réserve encore des surprises. Car fant de lou qu'elle est
étonnante, cette Saint-Pierre de la Tour . Nul doute même que, quand elle sor- tit de
terre entre 1150 et 1180, on dût s'y précipiter et que l'émotion fut à son comble,
quand s'y déroulèrent les premières messes ! Là, aucun tombeau-saint à vénérer Mais
quelle palette de notre art roman ! "Un condensé de tout ce que l'on trouve
sur les églises romanes de la région", résume Madame Bouyer, chargée des visites
(même en hiver suffit de prendre rendez-vous au syndicat d'initiative, peur 15 F - je
zou avons pas converti en uros-, o n-en vaut le cot !). Bon nombre estiment
qu'Aulnay, comme on l'appelle familièrement, a été construite pour les besoins du
pèlerinage de Compostelle et que si le Guide n'en parle pas, c'est parce qu'il a
privilégié les tombeaux'saints et que, de toute façon, elle n'était pas construite
quand il a été écrit. Prenez un roman sur le sujet et vous y lirez les affreux
déboires des Jacquets durant la longue traversée entre Melle et St-Jean d' Angély,
notamment avec les coquillards de la forêt d'Aunay (alors en Poitou). Pour le
confirmer, on vous expliquera qu'il fallait un arrêt intermédiaire sérieux. Voilà
pourquoi l'église a été dédiée à l'apôtre saint Pierre, une garantie en la matière
1 L'on vous montrera aussi que l'église est bâtie en bord de route, à l'extérieur du
village, donc construite après l'installation des populations. Mais les gens d'Aulnay
vous diront, eux, que ce n'est pas si sûr, qu'une église existait déjà avant, au même
endroit, bâtie elle-même sur un ancien temple gallo-romain, et que c'est le village qui
s'est déplacé vers le château, dont il ne reste aujourd'hui qu'une tour. Qu'importe, au
fond. Ce qui est certain, c'est qu'Aulnay est "pique poil" sur la route
des tombeaux menant à saint Jacques et que les pèlerins, ici "ont fait la
pause" au temps où pour eux, des structures genre maladerie avaient été mises en
place.
Un portail d'église romane doit se lire du haut vers le bas. Les sculpteurs
ont voulu que soit ainsi respecté le passage symholique du haut, de l'extérieur (le
futile monde matériel) vers le bas, l'intérieur (la profondeur de l'âme). C'est aussi
le mouvement uaturel du regard, quand on se dirigc à l'intérieur d'une église, inversé
quand on bête coun in touriste devant la porte.
Le sermon saintongeais:
"Travaille, sois prévoyant, combat le mal et fais le bien, alors tu gagneras la vie éternelle ! Tel est le message qu'adresse, aux passants, le portail central de l'église d' Aulnay.de-Saintonge. Le travail (voussure du haut) est symbolisé par les mois de l'année représentant les travaux des champs, à faire selon les saisons. La prévoyance, ce sont les Vierges sages et les Vierges folles qui la rappellent. Le Bien et le Mal se lit dans les sculptures des Vices et des Vertus. Quant à la vie dans l'autre monde (voussure du bas), "Les anges adorateurs et enscenseurs de l'Agneau la promettent (l'agneau central symbolise le Christ sacrifié pour sauver l'Humanité. Il est emporté, par les anges, vers le paradis).
Si votre église a quatre voussures sculptées, regardez bien ! Vous y lire peut être le sermon saintongeais.