Marie-France, pussqu'ol'é coum thieu que ses parents l'avant noumée,
beau prénom au demeurant qui traduit réconciliation nationale d'avant le
"petit-père Combes", Charentais de Jonzac, initiateur de la séparation de
l'Eglise et de l'Etat en 1904:
Marie-France donc, ne connaît rien de nos contrées. Mais voilà qu'à force de lui en
parler, elle va enfin nous faire l'honneur de venir voir de visu
Ou'est-ce que nous allons lui montrer ? Nous ne commencerons pas évidemment par nos
villes. Si leurs centres historiques restent uniques, les individualistes modernes,
générateurs des désordres architecturaux qui les entourent, ne risquent guère de la
surprendre, encore moins de la séduire. Quand à ces constructions à entassement
vertical qui froissent nos paysages, c'est d'une banalité devenue internationale, de
Beyrouth à Los Angeles.
C'est donc dans nos campagnes que nous la promènerons. Connaissant son ~il avisé et
curieux, qui ne devient glauque que dans certaines circonstances, nous savons d'avance
qu'elle nous dira . "Bon sang, elles sont jolies vos petites églises !" Nous
nous gausserons évidemment de piaisit Et elle rajoutera : "Tiens, vous
avez aussi des coquilles Saint-Jacques sculptées ?" Et là, tout beunaises,
nous lui répondrons : "C'est normal, notre Xaintonge a été un grand
passage des pèlerins de Compostelle et les jacquaires continuent à passer par chez nous."
Mais comme cette fille-là a toujours l'exigence d'en savoir plus, nous nous rendrons
très vite compte qu'à part ça, nous n'aurons pas grand chose à ajouter pour satisfaire
sa curiosité.
Aussi, pour ne pas paraître pu sots que dau poèl d'ane et lui offrir le plaisir de se balader sur notre bout de terre en queuneussance avons-nous décidé d:essayer de comprendre ce que font toutes ces églises sur la route de Compostelle....
Impossible de comprendre sans plonger dans l'histoire des croyances de nos ancêtres et sans partir sur ces chemins conduisant à nos saints: que tant de jacquaires sont venus implorer et viennent encore visiter D'aucuns diront qu'asteur, 0 l'é in liméro au pays des curaillons (curailloux en Aunis). Nous préférons parler d'un voyage au pays de ce spirituel qui a façonné notre culture...
Et puis. après nous être souciés de nos jhabots, jhe peuvons bin causer in peu de nou' z' ames !