
"Dans Mon pays, On adore le cochon"...
Fazir in jhornau jhe zou avons décit déjha, o l'é pas ine mince affeire.
D'abord, parce qu'aneut, anvec la télé, plus personne ne lit. Ensuite,
parce que la culture rurale si ça continue, o va finir par queurver. Au début
du siècle, 80 % des Français vivaient dans les campagnes. Aujourd'hui, les agriculteurs
représentent à peine 5 % de la population active. Pour se convaincre de cette implacable
urbanisation, il suffit de se promener dans les zoos des grandes métropoles. Le
croirait-on ? A côté des lions, i z'avant mis des poules et des canets
derrière les grilles, pour que les pauvres drôles des villes qui n'ont plus de
famille dans les campagnes, découvrent ce que c'est. Ine misère !
Autant vous dire que dans ces conditions, avec Xaintonge, in jhornau qui défend
la culture rurale charentaise en y mêlant du patois, quand de surcroît tout le monde aneut
devrait parler l'anglais, nos chances de survie sont nulles. Et pourtant vous êtes
là, mes bouns émits, si chaleureux, si bons anvec nous z'aut, de plus
en plus nombreux à nous encourager. Et tant que vous serez là à nous suivre, jhe
serons là otout, même si nos bureaux doivent rester concentrés dans notre
pièce à tout faire, la thieusine...
Au regard d'abord d'une nouvelle
catégorie de ghenses, à culture très citadine, du genre à introduire
des loups dans nos campagnes encore terrorisées, en créyant qu'Internet a
civilisé thiellées bêtes mangeuses d'hommes et qu'aneut, les loups,
devenus miraculeusement herbivores, préférant mangher dau pissenlit putout que des
ignelles ou des ouèyes. Au regard de certaines pratiques ensuite, soit religieuses
qui font passer le goret peur Yab, soit diététiques, qui font souvent oublier
que le végétarisme est le luxe suprême de populations qui n'ont jamais eu à souffrir
de la faim: ceux qui ont été contraints à manger des racines savent de quoi il
retourne. Mais ce qui nous inquiète bien davantage, c'est ce qui se passe de l'autre
côté de l' Atlantique, et comme nous avons la bien fâcheuse habitude de zou
copier, jhe craignons le pire. Aux Amériques, voilà qu'i promenant les
gorets au bout d'une laisse coum des cheuns ! i les mettant dans zeu appartement
i leu dounant la pâtée dans la gamelle, i les fazant faire pipi dans des caisses de
sciure pour roumiaous, i leu caressant la couane en argardant la télé, i
z'inventant des salons d'esthétique pour cochons, i zou parfumant la ventraille
et i dourmant anvec eux dans zeu lit. On voit le tableau quant o nous
arrivera. On imagine la goule des braves bénévoles de la SPA, quand on leur
rapportera dans les refuges, des porcelets errants, devenus naurins, abandonnés sur
les routes au moment des grands départs en vacances ! Liméro 4 délicat donc,
mais que thiéllés qu'amant pas le cochon de la même façon que nous z'aut'
nous accordent le droit légitime de fêter nout' goraille comme l'ont toujours
fait nos pères et nos grands-pères, qui n'étaient ni des barbares, ni des sots !