Le Coup de main des drôles

Au pays
de l'huître, personne na jamais appris à regarder les autres travailler. Jusqu'à 5 ans,
les drôles restent dans les cabanes où ils s'exercent en guise de jeu, a ébouiller
des coques (écraser des coquilles vides). Plus tard, on les voit pendant les
vacances scolaires, partir tôt a la marée avec tout le sérieux des enfants qui vont
jouer à l'adulte. Et on les voit revenir le soir, tout veuzés (fatigués), tot
baurnés et tot gaudrés aussi (maculés de vase), mais c'est surtout
pour avoir joué dans les casses (les flaques) et les fagnes (vases
molles). Bon nombre se souviennent pourtant avoir eh grandissant, fui les cabanes, mais
être repassés après le jeu pour aider à enfiler des cordées et pas
forcément pour la pièce qu'on leur donnait. Ici, l'enfant qui prend la suite des
parents, "c'est le plus couillon" disent nos gens en riant; à moins que ce ne
soit le plus courageux et pour sûr, le plus affectif. Car à se promener dans les
familles, on entend de bien belles histoires... Tel ce fils, parti faire sa médecine, ou
cette fille son droit, mais qui sont revenus parce que le mal du pays a été trop fort et
qu'ils ne voulaient pas être celui qui casserait la longue chaîne des générations. A
les entendre, en tous cas, ils n'ont aucun regret...
(photos Collection J.Dangalie - 1935)

Pour outil,
Les drôles ont à offrir leurs petites mains
et pour courage, leur sourire...
Collection B.Delavoie - 1972