Les femmes des cabanes

fem2.gif (29054 octets) C'est notoire : sans les femmes, les huîtres n'existeraient pas. Leur travail n'est pas pourtant vraiment reconnu. tout juste viennent-elles, dépeu des an-nées qu'a zou d'mandant, d'obtenir la reconnaissance d'un statut pour avoir quelques droits à la retraite. Quant aux organisations professionnelles, un tantinet masculines, elles n'ont jamais sérieusement sangher qu'les beurgeoèses, pussiant avoir des chouses a r'dire. Les femmes, on le sait, vont toujours au-delà d'elles-mêmes, par amour souvent, par devoir parfois et celles des huîtres ont toujours (mais le continueront-elles ?) suivi leur mari. Même sur les bateaux, de surcroît avec des œufs durs (qui ont réputation de contrarier les vents et de porter malheur), sans pour autant qu'elles fassent chavirer les embarcations, comme ont voulu le croire quelques marins superstitieux qui auront mal interprété les exigences de Colbert (qui ne voulait pas voir de femmes à bord, on se doute pourquoi...). A travailler depuis des générations, à part égale avec les hommes qui savent bien au fond, que c'est sur les épaules des femmes que reposent l'équilibre de zeu "boutique" (c'qu'i z'amant pas, o l'é quant al zou rapp'lant), elles ont acquis une belle assurance. Elles ne sont pas femmes à s'en laisser conter, leur regard vif qui vous le dira. Mais ce qui surprend davantage, c'est leur teint qu'elles tiennent probablement de quelque secret tiré des huîtres, impressionnant de fraîcheur notamment chez les plus âgées. De quoi faire rager les laboratoires de cosmétiques, car cette belle plasticité de leur peau, elles ne la doivent pas aux instituts de beauté, elles n'ont guère le temps de nijhasser à faire la parisienne (s'occuper oisivement de leur apparence physique). fem1.gif (29859 octets)
Comme leurs hommes, elles vivent au rythme des marées, livrées en outre à l'exercice difficile d'y faire coïncider les horaires des enfants. Avec une véritable horloge dans la tête, et solaire, et lunaire, elles ne sont pas du genre à bêter (à rester sans rien faire). On les voit sur tous les fronts : en mer pour forcer entre deux marées: à la maison pour préparer les casse-croûte et les repas que tout le monde ne prendra pas ensemble, pour aider aux devoirs, faire le ménage, sans oublier les coups de fils à passer pour la commercialisation et les comptes à tenir. Mais c'est surtout à la cabane qu'on les trouve, là où les hommes leur apportent des monticules d'huîtres qu'elles passent toutes à la main. 50 mannes par jour cela ne leur fait pas peur. Et elles démanchent ou détroquent (séparent les huîtres collées entre elles) et elles tapent pour écarter les racasses (huîtres qui sonnent creux, cloques en Aunis), et elles trient, et elles jettent dans les mannes, à gauche, à droite, en bas, à une telle vitesse que vous vous demandez si elles n'auraient pas plus de deux mains et s'il existe des concours. Ces filles-là ont une puissance de travail vraiment époustouflante !

(Photos: Chaillevette - Port de Chatressac et Marsilly - Port de la Pelle )

outifem.gif (11902 octets)Outils de femme:
Le gant et la démanchoire:

(mais aussi péchoire au Chapus, curette à La Tremblade,
détroquoire en Ile de Ré, décolloire a La Rochelle)