St Jacques de Compostelle . Un grand G.R.
Composée de pèlerins ayant fait le voyage vers Compostelle, la
Société des Amis de saint Jacques a réussi la performance de sensibiliser les élus au
pèlerinage. Ces derniers ont vu un fabuleux itinéraire touristique, dans la mode des
chemins de grande randonnée, où l'on ne cherche pas les voies les plus courtes pour
prier, mais les plus attirantes par la beauté de leurs paysages et de leurs monuments.
Ce n'est qu'en 1944 que la totalité du Liber Jacobi (Livre de saint Jacques) a
été publiée. Dès lors, sur Compostelle, on n'a plus cessé d'écrire : un peu sur le
Livre I concernant les offices de la cathédrale; beaucoup sur le Livre Il concernant les
miracles de Jacobi; davantage sur le Livre III relatif à l'arrivée miraculeuse de saint
Jacques en Espagne: passionnément sur le Livre IV (Charlemagne et Roland) avec une thèse
sur l'origine des Chansons de geste dont la transmission se serait amplifiée le long du
pèlerinage pour distraire et délasser les marcheurs fatigués; à la folie sur le Livre
V (le Guide du Pèlerin). Et quoiqu'il en soit, démesurément sur l'ensemble, que les
nouveaux auteurs, stimulés par la mode du sujet, ne cessent de compiler ..
La première chose que les érudits remarquèrent, c'est que le Guide du Pèlerin
mettait en relation les grandes églises romanes dont Saint Martin de Tours
(totalement disparue). On estima alors que le pèlerinage avait, sur le parcours,
généré la construction d'églises homogènes pour répondre aux besoins des nombreux
pèlerins. Saint Jacques de Compostelle s'imposa donc comme "le pèlerinage de l'art
roman".
Dans la région, Charles Connoué, un ancien de la Guerre de 14-18 qui a décrit et
dessiné, dans les années 1948, toutes les églises de l'ancien diocèse de Saintes (o
l'é remarquable ce que thiau défunt gâs a fait), fit coum teurtous dans
les autres régions. Il relia toutes les églises romanes menant à Saint-Jean d'Angely et
Saintes, par des voies ayant sur le parcours, des abbayes ou mémoires locales d'abbayes.
Les premiers chemins secondaires de saint Jacques venaient de voir le jour Les Charentais
se découvrirent, quant à eux, un, trésor d'art roman à portée de regard et apprirent
tout un vocabulaire (o les a pas trop imbibé quand minme) associé à
l'architecture de leurs églises. Dans la mouvance dau moment on s'attacha à
sauver un tel patrimoine que les deux dernières guerres avaient plutôt laissé en
mauvais état.
Du côté de Melle, in aut' gâs se lève et s'il en est pour lequel nout'
bon saint Jacques a sans aucun doute intercédé auprès du bon Dieu, o l'é bin
René de la Coste-Messelière, marquis de son état, archiviste de passion. Cette histoire
de pèlerinage vers l'Espagne au temps de ses ancêtres le Chevaliers, o l'a
tellement impressionné qu'il y é consacré toute sa vie. Le pèlerinage, il l'a fait à
pied à cheval, et plus tard, en voiture. Bon vivant, particulièrement érudit et décrit
comme une figure "à la De Gaulle", il n'avait pas son pareil pour convaincre
pour paterner ou inonder de conseils quiconque souhaitait partir à Compostelle. Certains
osent le dire : thiau gâs-la incarnait saint Jacques à lui tout seul. Du coup,
grâce à son charisme, il draina de disciples aujourd'hui regroupés au sein de lé
Société des Amis de Saint-Jacques de Compostelle. Mais René de la Coste Messelière a
crée aussi le Centre d'études de recherche et d'histoire compostellane, chargé de
dénicher tout ce qui pouvait avoir un rapport avec saint Jacques : église coquille,
bourdon, pèlerin... Le territoire , il l'a arpenté et des traces jacquaires, il en a
trouvé. Quoi de plus naturel, quand on parle chemin, que de relier les différents points
pour les faire aboutir à Camino francès ? Ainsi la Société des Amis de Saint-Jacques
a-t-elle publié des cartes sur les chemins supposés secondaires.
L'une d'elle, particulièrement remarquée dans no contrées, est devenue la bible dans
les Charentes Elle fait état d'un chemin de La Rochelle à Blaye et d'un autre, venant de
Charroux et reliant l'église saint Jacques d'Angoulême à l'église saint Jacques
d'Aubeterre. Pour lui donner belle allure, elle a été réalisée dans le style des
cartes du XVIIe siècle quand la cartographie était de mode. Et pour faire encore plus
vrai, elle a été imprimée avec une date prise au hasard: 1648. Mais voilà asteur,
qu'oy'en a qui prennent ce document pour authentique, alors qu'il date des années
1970 ! Heureusement que saint Jacques, i l'é pas contrariant.
Dépeu que la boune vieille ville de Melle, placée sur la route compostellane de
Tours, peut s'enorgueillir d'avoir agrémenté son circuit jacquaire par un passage
obligé. depuis 1996, sur la tombe de Monsieur de la Coste-Messelière, les jacquets ont
le bourdon Cet homme-là a fait un tel travail de titan pour porter Compostelle à un haut
niveau de médiatisation, que l'association est débordée par son succès. mai aussi par
sa base : elle enregistre des dissidence dans ses rangs, une association "les
Compagnons du bâton" vient lui faire de l'ombre. Car voilà que de nouveaux
pèlerins, à leur retour, veulent voler de leurs propres ailes pour faire profiter de
leur témoignage, qui intéresse vu qu'o l'é dans l'air dau moument. Mais
"de la Côte", comme osent l'appeler certains intimes, n'est plus là pour
calmer les esprits. Quand aux élus, tout nouvellement convertis à saint Jacques pour
s'intégrer dans le circuit touristique ils ne savent plus trop asteur, a quel
saint se vouer. Sans René de la Coste-Messelière, quel est l'avenir de saint Jacques ?
Dans les administrations Chargées du patrimoine, on le dit radieux. Mais l'histoire a
montré que, parmi les Hommes, certains sont longtemps restés irremplaçables.
