Royan , cette capitale qui ne veut pas en être
!

Les Affaires maritimes fixent les limites du Bas estuaire saintongeais à la Pointe de Suzac. Une frontière qui exclut Royan de la Rivière, ce que Médocains et Gabayes n'ont jamais intégré.
Royan, haut lieu des premières est-elle cité rivière ou d'océan ? D'Atlantique, vous diront les ghenses de l'endret vous montrant du det pointé vers le nord, leur proximité avec cette splendide Côte sauvage que les baigneurs sans thiulotte se sont appropriés (nudistes). qu'on peut minme pu y mener les drôles, tant o yat de boutiques à l'air. De rivière , sourient ceux qui habitent en dessous et n'ont pas vu passer autant de nobles ghenses comme Picasso ou Guitry qui en ont fait la réputation. Débat animé que l'on décida, à la fin du XIXe siècle, de trancher. Pour ne pas effrayer l'estivant cet espace d'animau migrateur d'une susceptibi1ité extrême qui ne veut pas voir autre chose que la mer on décréta que Royan ne ferait plus partie de la Rivière "Ah bon !", s'étonne t'on au Verdon, le pendant de Royan en Médoc où l'on n'avait pas encore reçu l'information ". Ne faut il pas être deux pour faire un bord ?' Royan "bord de mer', l'administration, politiquement inspirée, décida que l'estuaire s'arrêterait (ou coumince rait o dépend d'ouc qu'on vint) à la pointe", de Suzac, juste en dessus de Meschers mais en-dessous de Royan Elle pourrait ainsi arborer, sans complexe, le titre de noblesse de capitale de la "Côte d' Argent", asteur de "Beauté".
Que l'on ait retiré Royan de la Rivière, n'est pas pour déplaire le plus beau ne démarre t il pas justement de Meschers pour s'étendre, tel un ravisse ment, jusqu'à Blaye (vu quo lé là que lhe nous arrëtons) ? Mais les locaux ne vous le cachent pas : Royan, avec laquelle ils entretiennent une relation affective faite d'envies, de peines, de jalousies et de pardons, reste leur capitale Il en est de me .me pour les Charentais des terres qui, lorsqu'ils descendent vers la Gironde. vont toujours faire un détour par Royan pour voir où étout qu'iz'en sont asteur. Souvent. ils traversent leur cité martyre avec recueillement et souvent ils repartent avec colère Car Royan tant aimée, Royan saccagée, mais Royan toujours mutilée !.. Avec nostalgie, les anciens l'ont souvent répété aux plus jeunes Royan fut la perle de notre côte et il n'est pas une famille qui n'ait fait l'effort, avant guerre. d'y conduire ses drôles pour qu'ils voient, au moins une fois dans leur vie , cette splendeur Là. une magnifique baie où les marées louent à plein mais où il y a toujours de l'eau pour se tremper, sans crainte de nigher coum plus haut dans les baïnes. Là, autrefois, de somptueuses constructions. aujourd'hui de vilains cubes de béton. Quant à la belle baie, comme pour en rajouter, elle a été obstruée par un port moudarne ! Les Royannais d'mandent bin le pardon : "Jh'avons été bombardés" , disent ils. Le 5 janvier 1945 exactement, de 4h à 4h15 du matin par une première vague de 217 lancasters anglais et par une seconde de 124 bombardiers, de 5h28 à 5h43. Et ce à la demande d'un Colonel Henri Adeline, chef de maquis qui, s'il avait grâce à ses gas libéré Saintes le 4 septembre. Mortagne le 7, Talmont le 9, Rochefort le 12, avait manqué de moyens pour faire tomber Royan où s'étaient repliés quelque 7 000 Allemands: avec l'aval du Général Edgar de Larminat nommé par de Gaulle pour en finir avec ces poches où les boches se démeniant Coum des Yab et le tout, sous le commandement d'un groü gradé de l'état major américain 0 canarda tant que la mort de Royan, o s'entendit de loin "Belle opération", dira la Royal Air Force, la Poche de Royan est queurvée ! Mais c'est surtout une ville "crevée" que l'on trouva.
Sur les quelque 10 000 immeubles du centre ville, n'en restait que 200
intacts: sur les 2 223 habitants restés, les uns parce qu'ils ne savaient où aller , les
autres parce qu'ils craignaient qu'on les pille (o y'avait des bateaux qu arriviant
avec de la vi tuaille et qui r'partiant anvec des armoires et des pianos), 336
rejoignirent le cimetière. On fit état de 500 tués, la municipalité parle aujourd'hui
de 1 000.
Qui ressent Royan comme une blessure, imagine la douleur des Rayonnais et leur rage, quand l'armée française leur fit savoir que ceux qui n'avaient pas évacué. c'est bien parce qu'ils avaient "des affaires. avec l'ennemi Quant aux autres, "que peuvent bien dire ceux qui n'ont souffert que dans leurs commodités et leurs biens périssables ?', dira de Larminat ! Mais nos Rayonnais. tout perdre et se faire traiter en plus de "collabos". o les apaisa pas Et ils mirent sur la table l'exact bilan des pertes allemandes 35 morts et des fortifications intactes qu' o follut encore 4 mois pour la queurver thièllée foutue poche ! Du coup, les militaires firent queue basse L'Américain se prit ine boune buffée et Eisenhower gueurla dans tout l'Atlantique que. dorénavant si on envisageait de bombarder une ville on avait intérêt à le prévenir Adeline s'excusa, ce n'est pas ce qu'il avait demandé de Larminat plaida la méprise, c'était la Coubre et la pointe de Grave qui étaient visées: ce à quoi la RAF répondit qu'elle avait exécuté les ordres, pic poil. On se renvoya tant la balle que l'on ignore encore à qui l'on doit ce que l'Histoire présente coum ine erreur. Quant à de Gaulle qui dit dans ses mémoires que les américains ont agi de leur propre chef, il n'a jamais été considéré ici comme le libérateur pas un mot pour les morts !
Dix ans. c'est le temps qu'il a fallu à Royan pour se relever de ses ruine.
Mais pourquoi. alors que Blois, Glen ou Saint Maio décidaient de se reconstruire à
l'identique se lança t elle dans la construction, de ce que les ruraux dénoncèrent
d'emblée coum des clapiers à lapins où i veu riant pas vivre ? "Il ne
faut pas croire qu'avec la pression de l'urbanisme que lui avait fait subir le tourisme
Royan d'avant guerre était si bien construite que ça, explique un Royan nais Il n'y
avait pas de passé historique à défendre, on voulait tout remettre à plat"
"Ce sont les architectes, explique une Royannaise, ils avaient feu vert pour prouver
qu'on pouvait donner du cachet à une ville avec du moderne. On ne savait pas qu'on nous
rétrograderait dans la référence des cités HLM" Un pêcheur de la Rivière, quant
à lui avance "Qu'on ait parlé d'eux jusque dans les Amériques, o leu at fazit
bader la goule de prétention. Y z'avant cru qu'en construisant Las Vegas, i z'alliant
attirer le touriste américain anvec ses groüsdollars".
Royan est bien cité à part de la Rivière Un endroit, même, plutôt compliqué
A découvrir dans XAINTONGE numéro 7:
--> Royan et le bombardement.
--> Bains de mer, bains de rivière !
--> La gironde, un milieu en permanent évolution
--> Une côte qui ronge
--> un capital balnéaire qui s'amenuise