.
Saint Jacques, sauveur... du patrimoine !
Bien avisé qui pourrait dire aujourd'hui en dehors du chemin
officiel balisé par Aimery Picaud, par où sont passés les pèlerins de Saint Jacques.
Nul doute que des cartes illustrant leurs itinéraires ne cesseront de se multiplier, dans
le noble but de faire découvrir des communes oubliées du tourisme". Au moins
jusqu'à la prochaine année jacquaire !
Comment a-t-on pu oublier en France, ce pèlerinage que l'on dit aujourd'hui le plus
couru de la Chrétienté au Moyen Age. Pourquoi ne 1 a t on redécouvert qu'au cours de ce
XX. siècle ? Peut être parce que l'on ne retient que ce qui est utile", avance
Humbert Jacomet. Mais notre Gueurnut s'interroge. Pourquoi nos ruraux, comme a Mouthiers
sur-Bohème (16), ont-ils gardé mémoire de saint Côme et saint Damien, et pourquoi, au
prieuré d'Oulmes a Chef-Boutonne (17), où l'on compte une chapelle dédiée aux jumeaux
du III siècle où l'on fit pèlerinage jusqu'en 1871 , des médecins aujourd'hui,
perpétuent à nouveau la tradition ? Pourquoi, comme a Villeneuve (entre Rochefort et
Royan), nos gens ont ils gardé traces d'un passage de Charlemagne revenant de ses combats
d'Espagne, contre les Sarrasins. au travers d'une fontaine Charlemagne miraculeuse qu'il
fit apparaître d'un coup de sabot de son cheval (o zou ressemble bin) et
auraient-ils oublié saint Jacques, son contemporain ? Nos diocèses le disent : le culte
des sources est bien antérieur à Jésus Christ. C'est l'Eglise qui a christianisé les
fonts, par le biais d'un saint ou d'une légende chrétienne, ce à quoi nos ancêtres ont
répondu . "qu'importe qui on prie pourvu que la source guérisse !" Mais
pourquoi, si Jacobi a été si important (o l'é qu'en matière de miracle, i l'at pas
démérité), ne s'est on pas appuyé sur lui pour christianiser au moins les lieux
où des églises lui sont dédiées (ce que d'ailleurs ne confirment pas les fêtes
paroissiales différentes du 25 juillet) ? Car rien n'est plus muet qu'une église saint
Jacques. A part ce récent Compostelle, aucune légende à leur sujet ! Thiau
guide du pèlerin, base même de l'effet compostellan, est-il l'exact reflet d'un
pèlerinage qui a eu grande audience en France, ou les simples mémoires joliment écrites
d'un pèlerin isolé qui dounèrent à la cathédrale St Jacques en Gallice,
l'envie de zou conserver ?
Gueurnut, vous dirait un élu, avec ses questions. De quoi vat i remeite en cause
la parole dau Vatican et surtout celle de Sainte Europe ? Car l'Europe, cette
vieille entité que les rois ont rêvée par de bons mariages, que d'autres ont pensée
par la guerre et que nos pères ont voulue par la négociation en créant, en 1949, le
Conseil de l'Europe, Europe donc, s'est emparée de saint Jacques Le Conseil de l'Europe
à Strasbourg, émanation des parlements nationaux à audience plus large que la CEE, qui
aurait dû disparaître avec la création du Parlement Européen, (vu qu'ine seule
structure, o suffirait grandement, l'un et l'autre n'ayant pas grand pouvoir), c'est
la tête bien pensante d'Europe. La on réfléchit sur la démocratie, les Droits de
l'Homme et les valeurs culturelles qui unissent les Européens. O l'é in endret
où l'on se torture le câla vu que les enfants d'Urope, i z'avant pas
trop de choses en commun, excepté les affaires du coumerce. Mais celles la,
elles sont internationales !
Au Conseil de l'Europe, on a découvert (Jean Paul anvec tOts ses
discours at ajhidé) qu'on avait longtemps eu une langue européenne (le latin) et
qu'il y avait un homme qui, au cours de l'Histoire, avait fédéré les Européens :
Jèsus Christ. Et l'on s'est mis a rêver qu'autour de lui, on pourrait peut être tenter
de réconcilier des peuples qui, par principe, s'entendant pas. Et on a pensé faire une
grande voie culturelle Nord/Sud. Mais pas question de la faire aboutir à Rome: avec ce
que tous les papes i
z'aviant fait, o l'aurait réattisé des animosités ! En 1986, l'Espagne
entre dans la CE. Voilà le grand pays chrétien qu'on attendait On va lui faire un
beau cadeau de bienvenue. C'est vers l'Espagne que le Conseil de l'Europe décide de
faire converger les routes de nos valeurs culturelles judéo-chrétiennes. Son saint
Jacques pour lequel, dans chaque pays, se mobilisent déjà les associations de jacquets,
est adoptèrent sous le nom de Vénus. irréprochable et thiau Guide du
Pèlerin, ça, c'est une belle histoire. La décision fit son effet et l'Unesco s'en mêla
déclarant le Camino Francès, patrimoine de l'Humanité. Jacques Delors en rajouta,
assurant que "toute action contribuant à soutenir la conscience d'une appartenance
commune serait aidée" !
Ceux qui travaillent avec l'Europe le répètent : Urope, o l'é in grou porte
monnaie et nos régions ne sont jamais en retard pour renifler les secteurs où sainte
Europe pourrait lâcher des sous s'entend. La région Poitou Charentes a ouvert une ligne
budgétaire pour les projets que les départements pourraient avoir sur Compostelle
et les départements, d'idées ils ne manquent pas pour essayer d'attirer le touriste dans
nos petits villages que personne ne veut voir mourir. Grâce à saint Jacques. nos
églises trouvent argent pour se retaper, nos abbayes renaissent de leurs ruines, des
sites ignorés sortent de l'ombre.
Depuis une dizaine d'années, autour de saint Jacques, la machine administrative s'est
emballée en dehors de tout fondement historique (déjà difficile à trouver). 1999 (la
saint Jacques est tombée le dimanche 25 Juillet) a fait naître encore moulte chemins et
l'on se prépare à en "retrouver" d'autres pour la prochaine année jacquaire
(2002).
Qu'importe au fond si peurtout asteur on a vu des pèlerins du
Moyen-Age, dès lors que saint Jacques n'en prend pas ombrage et veut bien, après avoir
été le mata-maure, devenir le sauveur de nos vieilles pierres et de notre culture.
Gueurnut a juste ine rékiamation. Encouère, thiau gâs ! Si, sur les nouveaux
chemins jacquaires, présents et a venir, on pouvait baliser aussi nos vieilles fontaines
avec les miracles qu'on leur attribuait ! Nos anciens sont les derniers à savoir où
elles sont et comment se déroulait leur pèlerinage. O serait deumaghe que dans
cette affaire, o seye le réel qui soit sacrifié à l'imaginaire !