"Regarde mon pays, comme il est beau à l'heure mauve"La Saintonge ne serait elle
plus qu'un nom répertorié à la lettre S majuscule des dictionnaires ? La mémoire de
cette vieille province ne serait elle plus que conservée officiellement à Paris sur une
plaque de rue du 3e arrondissement ?
Une rue qui n'a pas grand chose de saintongeais. On y trouve bien
un bistro "chez Nénesse". Mais pas de chance, chez ce Nénesse là, on ne mange
pas de cagouilles. C'est un Ernest breton. Alors la Saintonge n'est elle plus qu'un vieux
souvenir inscrit dans les très anciens manuels d'histoire ?
Pourtant, au delà de la Boutonne au nord et de la Seugne au sud de La façade atlantique
jusqu'aux frontières de la Charente limousine, les commerçants continuent à perpétuer
le nom de Saintonge sur leurs enseignes et bon nombre se revendiquent saintongeais. Même
à La Villedieu au nord longtemps intégrée dans la province du Poitou, où l'on renvoie
aujourd'hui les limites de la Saintonge à celles du département de la Charente Maritime.
Même dans le pays de Gabaye, au nord de la Gironde, où l'on se sent plus près des gens
de Montlieu la Garde que de ceux de Bordeaux. Même dans le pays Gavache, en pleine
Gascogne où l'on trouve encore quelque accent
charentais autour de Monségur. La Saintonge existerait elle autrement qu'au travers des
différents découpages administratifs qu'elle a subis ?
Les habitants de ce pays ne se connaissent pas au delà d'un rayon de 15 à 20 km,
distance qu'ils pouvaient aisément parcourir autrefois le dimanche en char à banc ou à
bicyclette pour rejoindre une fête locale. Les Angériens ne savent rien des gens de
Jonzac et ceux du canton de Barbezieux ignorent tout des habitants de St Porchaire.
Et pourtant, ils vivent tous de la même façon, dans les mêmes traditions qu'ils
transmettent de générations en générations. Ils ont traversé les mêmes traumatisme
de l'histoire et subissent aujourd'hui les mêmes revers pour faire face et se maintenir
dans leur coin de terre très touché par les difficultés agricoles et l'exode rural. La
Saintonge, c'est une unité de culture, mais aussi de langage, de paysage, de patrimoine,
de métiers, d'activités... Nous aimons profondément ce petit pays pour l'unique raison
que c'est le nôtre
ville de Xaintes (Saintes) pour capitale,
les Xantones (Santons), qui parlaient la même langue, ont vu leur territoire
scindé en trois provinces : L'Aunis, la Saintonge et une partie de l' Angoumois. Ils ont
ensuite subi, en 1790, le découpage des départements rattachant les Saintongeais du sud
au département Gironde et transformant le reste de la Saintonge, Aunis et Angoumois en
Charente inférieure et Charente. Les deux nouvelles Charentes se sont toujours
naturellement jalousées, l'une enviant à l'autre la richesse de son agriculture et son
Cognac. l'autre, la belle robe bleue que compose la façade atlantique de la première;
les îliens des colounies, Oléron, Ré, Aix et Ile Madame, quant à eux, se
considérant comme une peuplade à part. Loin des querelles stériles sur les
différences, notamment entre Aunisiens/Saintongeais et Charentais supérieurs/Charentais
inférieurs. devenus maritimes, les régionalistes de cette terre ont coutume de dire que
les deux Charentes ne sont en fait que des bessounes (surs jumelles), les
deux faces d'une même goule (figure) séparée par la ligne du Né. L'ambition de Xaintonge
est d'en porter témoignage et de parler de cette race unique des Cagouillards dont
un certain Goulebenéze disait qu'il serait bien dommage qu'elle se parde...