armes.gif (13835 octets)    "Regarde mon pays, comme il est beau à l'heure mauve"

La Saintonge ne serait elle plus qu'un nom répertorié à la lettre S majuscule des dictionnaires ? La mémoire de cette vieille province ne serait elle plus que conservée officiellement à Paris sur une plaque de rue du 3e arrondissement ?rue saintonge.jpg (6075 octets)

Une rue qui n'a pas grand chose de saintongeais. On y trouve bien un bistro "chez Nénesse". Mais pas de chance, chez ce Nénesse là, on ne mange pas de cagouilles. C'est un Ernest breton. Alors la Saintonge n'est elle plus qu'un vieux souvenir inscrit dans les très anciens manuels d'histoire ?


Pourtant, au delà de la Boutonne au nord et de la Seugne au sud de La façade atlantique jusqu'aux frontières de la Charente limousine, les commerçants continuent à perpétuer le nom de Saintonge sur leurs enseignes et bon nombre se revendiquent saintongeais. Même à La Villedieu au nord longtemps intégrée dans la province du Poitou, où l'on renvoie aujourd'hui les limites de la Saintonge à celles du département de la Charente Maritime. Même dans le pays de Gabaye, au nord de la Gironde, où l'on se sent plus près des gens de Montlieu la Garde que de ceux de Bordeaux. Même dans le pays Gavache, en pleine Gascogne où l'on trouve encore quelque accent
charentais autour de Monségur. La Saintonge existerait elle autrement qu'au travers des différents découpages administratifs qu'elle a subis ?

Les habitants de ce pays ne se connaissent pas au delà d'un rayon de 15 à 20 km, distance qu'ils pouvaient aisément parcourir autrefois le dimanche en char à banc ou à bicyclette pour rejoindre une fête locale. Les Angériens ne savent rien des gens de Jonzac et ceux du canton de Barbezieux ignorent tout des habitants de St Porchaire.

Et pourtant, ils vivent tous de la même façon, dans les mêmes traditions qu'ils transmettent de générations en générations. Ils ont traversé les mêmes traumatisme de l'histoire et subissent aujourd'hui les mêmes revers pour faire face et se maintenir dans leur coin de terre très touché par les difficultés agricoles et l'exode rural. La Saintonge, c'est une unité de culture, mais aussi de langage, de paysage, de patrimoine, de métiers, d'activités... Nous aimons profondément ce petit pays pour l'unique raison que c'est le nôtre…

Depuis longtemps, le peuple du fleuve "Charente" a été divisé. Autrefois implantés sur une terre unique avec laplan intro.jpg (59800 octets) ville de Xaintes (Saintes) pour capitale, les Xantones (Santons), qui parlaient la même langue, ont vu leur territoire scindé en trois provinces : L'Aunis, la Saintonge et une partie de l' Angoumois. Ils ont ensuite subi, en 1790, le découpage des départements rattachant les Saintongeais du sud au département Gironde et transformant le reste de la Saintonge, Aunis et Angoumois en Charente inférieure et Charente. Les deux nouvelles Charentes se sont toujours naturellement jalousées, l'une enviant à l'autre la richesse de son agriculture et son Cognac. l'autre, la belle robe bleue que compose la façade atlantique de la première; les îliens des colounies, Oléron, Ré, Aix et Ile Madame, quant à eux, se considérant comme une peuplade à part. Loin des querelles stériles sur les différences, notamment entre Aunisiens/Saintongeais et Charentais supérieurs/Charentais inférieurs. devenus maritimes, les régionalistes de cette terre ont coutume de dire que les deux Charentes ne sont en fait que des bessounes (sœurs jumelles), les deux faces d'une même goule (figure) séparée par la ligne du Né. L'ambition de Xaintonge est d'en porter témoignage et de parler de cette race unique des Cagouillards dont un certain Goulebenéze disait qu'il serait bien dommage qu'elle se parde...

     cyancube.gif (955 octets) Le numéro 14 vient de paraître !!! (cliquez moi)